Pixel espion : pourquoi vous avez reçu autant d'e-mails de demande de consentement ces dernières semaines ?
Pixel espion : le traceur invisible qui fait parler de lui
Si vous avez eu l'impression de recevoir une avalanche d'e-mails vous demandant d'accepter ou de refuser le suivi de vos ouvertures de messages, vous n'êtes pas seul.
Depuis plusieurs semaines, de nombreuses entreprises (banques, e-commerçants, plateformes numériques, assurances, médias...) ont envoyé des campagnes massives d'information concernant les pixels espions présents dans leurs e-mails.
Cette vague n'est pas le fruit du hasard. Elle fait suite à la publication des recommandations de la CNIL sur les pixels de suivi dans les courriers électroniques et à la fin de la période transitoire laissée aux organisations pour informer leurs utilisateurs et recueillir, lorsque cela est nécessaire, leur consentement.
Mais au fond, qu'est-ce qu'un pixel espion ? Pourquoi est-il devenu un sujet majeur de conformité RGPD ? Et quelles conséquences pour les organisations françaises ?
Qu'est-ce qu'un pixel espion ?
Un pixel espion, également appelé pixel de suivi ou tracking pixel, est une image invisible intégrée dans un e-mail.
Invisible pour le destinataire, ce minuscule fichier est chargé automatiquement lorsque le message est ouvert.
À ce moment-là, plusieurs informations peuvent être remontées vers l'expéditeur :
- la date et l'heure d'ouverture ;
- le nombre d'ouvertures ;
- l'adresse IP ;
- le type d'appareil utilisé ;
- le logiciel de messagerie ;
- parfois la localisation approximative.
Autrement dit, l'expéditeur sait si vous avez ouvert son e-mail, quand vous l'avez fait et, selon les configurations techniques, avec quel appareil.
Pourquoi la CNIL s'est-elle intéressée aux pixels espions ?
Pendant longtemps, les cookies ont concentré l'attention des autorités de contrôle.
Mais les pixels de suivi permettent également de collecter des données comportementales... sans que l'utilisateur en ait réellement conscience. Or la messagerie électronique constitue un espace privé.
La CNIL rappelle ainsi que les pixels sont une technologie de traçage comparable aux cookies et que leur utilisation doit respecter les règles prévues par l'article 82 de la loi Informatique et Libertés.
L'objectif n'est pas d'interdire les pixels de suivi mais de garantir que les utilisateurs soient correctement informés et puissent exercer un véritable choix.
Consentement obligatoire : dans quels cas ?
C'est probablement la question qui intéresse le plus les professionnels.
La réponse de la CNIL est relativement claire.
Le consentement est nécessaire lorsque le pixel est utilisé notamment pour :
- mesurer les performances marketing ;
- analyser le comportement des destinataires ;
- personnaliser les campagnes ;
- réaliser des statistiques commerciales ;
- enrichir un profil client.
En revanche, certains usages peuvent bénéficier d'une exemption.
C'est notamment le cas lorsque le pixel est utilisé exclusivement pour :
- assurer la sécurité du service ;
- permettre un service explicitement demandé par l'utilisateur ;
- mesurer uniquement la délivrabilité des messages, dans des conditions très strictes et sans réutilisation des données à d'autres fins.
Cette distinction est essentielle.
Un même pixel peut être exempté dans un contexte... mais nécessiter un consentement dans un autre. Tout dépend de sa finalité réelle.
Pourquoi avez-vous reçu autant d'e-mails récemment ?
Lors de la publication de sa recommandation, la CNIL a prévu une période transitoire pour les bases de données déjà constituées.
Pendant cette période, les organisations devaient informer leurs contacts de l'utilisation de pixels de suivi et leur offrir un moyen simple de s'y opposer. À l'issue de cette période, beaucoup d'organisations ont lancé des campagnes massives afin de se mettre en conformité avant l'échéance.
Résultat : des millions de Français ont reçu quasiment au même moment des messages ayant pour objet :
"Mise à jour de notre politique de confidentialité"
"Votre consentement concernant nos e-mails"
"Gestion des pixels de suivi"
"Vos préférences de communication"
Sur les réseaux sociaux et les forums, de nombreux internautes ont été surpris par cette soudaine multiplication des demandes de consentement, largement attribuée à l'entrée en application pratique des recommandations de la CNIL.
Quelles conséquences pour les organisations ?
Ces recommandations ne concernent pas uniquement les grandes plateformes.
Toutes les organisations qui envoient des e-mails sont potentiellement concernées : PME, ETI, grands groupes, collectivités, associations, administrations...
Les équipes marketing doivent désormais revoir leurs pratiques.
Parmi les principaux chantiers :
- cartographier les pixels présents dans les e-mails ;
- identifier leur finalité ;
- vérifier si un consentement est requis ;
- adapter les formulaires de collecte ;
- permettre un retrait du consentement aussi simple que son acceptation ;
- conserver une preuve du consentement lorsque celui-ci est nécessaire.
Chez FCN Data, nous accompagnons les organisations dans leur mise en conformité RGPD, l'analyse de leurs traitements de données et la sécurisation de leurs pratiques numériques.
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